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 Chapitre 1 - Alizée

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Kulthy
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MessageSujet: Chapitre 1 - Alizée   Jeu 19 Mai - 21:06

- Alizée... Alizée ?! Réveille toi...

Je marmonne quelque chose d'incompréhensible avant d'ouvrir les yeux. Ma sœur est penché au dessus de moi, les yeux remplis de panique. A la vue de toute cette peur, je me redresse. Je suis sans mon lit, dans ma chambre. Il fait encore noir, mes rideaux sont fermés. Aucune lumière ne passe en dessous. J'en déduis que c'est encore la nuit. J'entends un reniflement et regarde ma sœur.

- Mélodie, qu'est-ce ce qu'il se passe ? je demande à voix basse.

- C-C'est les Atteints... Il y en a devant la maison... dit-elle, en murmurant.

- Tu pleurs ?

Je la vois hocher la tête. Ça fait dix jours qu'un mal a décimé les plus de seize ans. Ils deviennent effrayants, méchants. Ils chassent ceux qui ne sont pas malades pour les tuer. Pour s'amuser. Papa et Maman ont été dans les premiers malades. Leurs yeux... Leurs yeux étaient blancs. C'était horrible. Je ne sais pas comment j'ai fait, mais j'ai réussi à les faire sortir de la maison, en les menaçant avec un balai. Pas très menaçant, je sais. Mais ils n'étaient pas totalement envahis par la maladie, alors ils n'étaient pas devenus complètement psychopathe. Quand je les ai mis dehors, j'ai pris les clés de toutes les portes. Je nous ai barricadés, ma sœur et moi, dans la maison. Elle m'a aidé à pousser des meubles devant la porte d'entrée. Résultat, nous vivons dans le noir. J'ai réussi à clouer des planches devant les fenêtres, comme les Atteins les cassent pour rentrer dans la maison. L'étage du bas est donc complètement barricader. Seul les fenêtres de l'étage du haut n'ont pas de planches dessus, car les volets sont toujours là. J'avais demandé à ma sœur de prendrez toutes les provisions et de faire une sorte d'inventaire, pour voir ce qu'il nous restait. Heureusement, il y a avait encore pleins de nourriture, et l'eau du robinet est toujours potable. Peut-être pas pour longtemps malheureusement.

Une fois l'adrénaline partie, et le calme - façon de parler - revenu, la tristesse d'avoir perdu nos parents nous est tombée dessus. Ma sœur ayant onze ans, et moi treize, il est pour nous impossible de se faire contaminer. Le seul danger pour les moins de seize ans, est de se faire tuer par les contaminés. Ou de mourir de faim.

- On fait quoi Alizée ?

Le voix de ma sœur me sort de mes pensées. Je passe mes mains sur mes yeux avant de répondre.

- Je sais pas. Y en a beaucoup ?

- Une petite dizaine. C'est horrible Alizée... D'habitude ils ne sont pas plus de trois... murmure-elle, en larme.

- Ça va aller Mélo, on va y arriver, je la rassure.

Ils ont du "jouer" avec tous les voisins, ou presque, et donc il reste plus que quelques personnes, dont nous... Et ils s'ennuient. Ils veulent jouer, tuer. Nous sommes Les prochaines sur la liste. C'est pas bon du tout.

- On va aller autre part. On va s'enfuir. Loin d'ici. D'accord ? je demande en la regardant. Arrête de pleurer Mélo.

Elle hoche lentement la tête, et essuie ses larmes.

- D'accord. Tu veux que je fasse quelque chose ?

Je réfléchie quelque secondes et me lève du lit en vitesse. Je prends mon sac de cours et lui tends.

- Là dedans, mets le plus de nourriture, et des bouteilles d'eau. Et dans ton sac de cours, mets quelques vêtements de rechange. Ensuite mets les sacs en bas, et attends moi. Aller go !

Elle attrape le sac et part en courant. De mon côté, je cours dans la chambre de mes parents, et attrape un sac dans leur dressing. Je repars dans ma chambre, et mets quelques affaires à moi dans le sac. Essentiellement des vêtements. Je n'ai pas d'objet auquel je tienne qui soit utile pour ma survie. Alors autant ne pas m'encombrer. Une fois tout ça fait, je jette un coup d’œil circulaire dans ma chambre, autant pour vérifier que je n'ai rien oublié, que pour lui dire adieu. J'ai passé toute mon enfance ici, alors cette pièce et pleines de souvenirs. En me rappelant que je n'ai pas tout mon temps, je secoue la tête et sors de la chambre en fermant la porte derrière moi. Je passe dans la chambre de ma sœur et vois qu'elle n'est plus là. J'en déduis qu'elle est déjà en bas à s'occuper de la nourriture et de l'eau. Encore une fois, je regarde chaque détails de la chambre avant d'en sortir et de fermer la porte. Je passe dans la chambre de mes parents, sans pour autant trouver quelque chose d'utile. Je vais ensuite dans la salle de bain, et m'attarde dedans. J'ouvre la boite à bijoux familiale et verse le tout dans une poche de mon sac. Qui sait si j'ai besoin de payer quelque chose ? Je ne suis pas allée dehors depuis que j'ai chassé mes parents. Je ne sais pas à quoi ressemble la vie à l’extérieur, à part grâce aux fenêtres du premier étage. Et puis si je n'en ai pas l'utilité, ça me fait toujours des souvenirs. La bague de mon arrière grand mère par exemple. Ou la montre de mon père, la bague de fiançailles de ma mère.Une fois les bijoux en sécurité dans la poche de mon sac, je descends et vois ma sœur occupée à remplir une bouteille de deux litres.

- Ça va ? Tu galères pas trop ? lui demandé-je en entrant dans la cuisine.

- J'ai peur. Mais sinon ça va.

Une pointe d'ironie est présente dans sa voix, ce qui me fait sourire.

- Bon, tant mieux alors. Tu as bientôt fini ?

Elle finit de remplir la bouteille, la referme, et me regarde.

- J'ai fini.

Elle prend la bouteille et la met dans son sac.

- Et toi, tu as fini ? me demande-t-elle en prenant le sac et en allant le mettre devant la porte d'entrée.

J'ouvre le tiroir à couverts, et prends tout les couteaux pointus qui s'y trouvent. Je regarde sur le plan de travail et prends les couteaux à longues lames avant de les fourrer dans mon sac.

- Je pense. Tu vois pas où y pourrait y avoir d'autres armes ?

Je la vois réfléchir, avant de secouer la tête négativement.

- Non. Les couteaux et c'est tout. Papa et maman n'avaient pas d'objet dangereux pour nous.

- Bien, dis-je en regardant autour de moi. On va y aller alors...

Je vois ses yeux se remplir lentement de larmes. Elle prend son sac, le met sur son épaule, et je fais de même.

- Elles sont où les clés ? Demandé-je en fronçant les sourcils.

- Sur la table de la cuisine non ?

- Ah oui.


Je vais dans la salle à manger, et vois le trousseau de clé sur la table. Je le prends en vitesse, et le mets dans ma poche de jean.

- Tu n'es sûre de ne rien avoir oublié Mélodie ?


- Sûre.

- Passe derrière moi. Je vais prendre un couteau, et toi aussi. Tu ne t'en sers qu'en cas de réel danger d'accord. Sinon, c'est moi qui m'occupe de nous défendre. Compris ?

Elle hoche la tête, et je lui tends un des petits couteaux que j'avais gardé de côté. Je prends moi-même un grand couteau et avance vers la porte. Je sors le trousseau et insère la clé dans la porte d'entrée. Après deux secondes d'hésitation légitime, je tourne la clé deux fois, et respire un bon coup.

- Je vais ouvrir la porte. Tu ne paniques pas. Tu me suis d'accord ? Tu ne tentes rien. Pitié.

Elle hoche de nouveau la tête, et je vois la peur grandir dans ses yeux. Et ça me serre le cœur.

- Ça va aller. Promis, lui assuré-je.

- Mais on va aller où ?

Je m'arrête net. Je n'y avais pas pensé. Mais alors pas du tout. J'étais surtout pressée de partir.

- On verra en chemin d'accord ?

- D'accord,
murmure-t-elle.

Je me re-concentre et appuie sur la poignée. J'ouvre le porte en vitesse, ne vois aucun Atteints et expire en remarquant que j'avais retenu ma respiration. Je sors lentement de la maison, suivie de près par Mélodie. Je jette un coup d’œil aux alentours et ne remarque personne. C'est bizarre de sortir après dix jours d'enfermement quotidien.

C'est vraiment désert ici...

Juste au moment où je pense ça, des bruits de pas me parviennent. Je sursaute en même temps que ma sœur. Je tourne la tête à gauche, d'où je pense que les bruits viennent. Ma respiration se saccade, et j'ai l'impression que mon cœur va exploser tellement il bat vite. C'est une impression plutôt désagréable. Je vois quelqu'un arriver, la tête baissée. C'est surement un humain comme nous, qui n'est pas Atteint, et qui est perdu. Puis je remarque sa grande taille, ses cheveux sel et poivre, et je pousse un cris de terreur. L'homme lève la tête et me fixe de ses horribles yeux blancs. J'entends Mélodie crier aussi. Je lui attrape la main et pars en courant, sans me retourner. Je cours dix mètres et n'y tiens plus. Je me retourne et voix l'homme de tout à l'heure, avec trois autre Atteins. Je me retourne et cours plus vite. J'ai l'impression que les Atteints gagnent du terrain. Je les ai vus. Ils gagnent du terrain. Ils ont apparemment envie de "jouer" avec ma sœur et moi. Ils doivent vraiment s'ennuyer. J'ai peur. Presque autant que ma sœur. Elle suit mon rythme, et je me demande combien de temps elle le pourra. Je ne tiens pas à ce qu'elle meurt. C'est la dernière personne de ma famille qu'il me reste.

J'ai une idée ! Et si on allait chez mes cousins ?! Ils n'habitent pas loin...

- Mélo ?

- Quoi ?


Elle fixe devant elle, mais je sais qu'elle m'écoute.

- On va aller chez Lola et Sacha OK ?

Elle hoche la tête et tourne en même temps que moi à droite. Mes cousins n'habite pas loin, mais quand on est poursuivit par des Atteints, le temps paraît beaucoup, beaucoup plus long. Cinq minutes plus tard à courir du mieux qu'on peut avec des sacs plutôt lourds sur les épaules, et à jeter des coups d’œil derrière, ma sœur et moi arrivons enfin dans la rue de la maison de cousins. Je me précipite contre la porte et crie à mes cousins d'ouvrir tout en tapant à la porte.

- Si ça se trouve ils sont mort Alizée ! me crie ma sœur.

Je continue tout de même tandis que ma sœur regarde la rue avec des yeux ronds. Je la sens se coller à moi, et je m'arrête de tambouriner à la porte.

- Un problème ?
lui demandé-je.

- L-les Atteints...Ils sont l-là...

Ah oui je les avais presque oubliés...

Je me retourne et vois les Atteints à dix mètres de moi. Sans réfléchir, je mets Mélo derrière moi et la colle contre la porte. Je me place davant elle, le couteau pointé sur les Atteints. L'adrénaline parcourt mes veines, et mon cœur bat à toute vitesse.

Plus que 7 mètres.

Ma sœur crie encore à mes cousins d’ouvrir.

Plus que 5 mètres.

Je les menace avec mon couteau. Ce qui n'a pas l'air de leur faire de l'effet. Ma sœur arrête de crier. Elle se recroqueville derrière moi et attend que son heure vienne. Sauf que je ne laisserai pas ces quatre Atteints la toucher.

- Dégager bande de débiles ! je les menace.

Je sais très bien que dire ça ne changera rien, mais ça me permet de me concentrer sur l'instant présent. Cette phrase aurait pu me faire rire. Sauf que ce n'est pas du tout le moment.

Plus que 3 mètres.

Leurs yeux blancs nous fixent, remplis d'envie. Envie de nous tuer, pour s'amuser, ne plus s'ennuyer. C'est dégueulasse.

Ils sont là.

Je plante, sans vraiment savoir ce que je fais, mon couteau dans le torse du premier Atteint. Une étrange satisfaction que je n'attendais pas me parcourt, et je sors mon couteau pour le planter pas loin du premier trou. Du sang s'écoule des plaies. Le sang à une désagréable couleur noir. Rouge très très foncé. Ma sœur crie de terreur derrière moi, mais je reste concentrée. L'homme que j'ai touché s'écroule au sol. Je le regarde tomber en vitesse et relève la tête. En voyant les trois autres me foncer dessus en même temps, je réalise que je ne tiendrai pas. On va mourir. C'est sur. Je ne baisse pas mon couteau pour autant, et le point vers les Atteints. Ils hésitent un peu. C'est l'objet qui vient de tuer l'un des leurs. Seulement, leur moment d'arrêt est de courte durée, et il me fonce dessus. Je sais que je ne peux rien faire. C'est trop tard. Ma sœur pousse un crie suraiguë. Je ne comprends ce qu'elle me crie ensuite. Un bras me tire en arrière, et, surprise, je me retourne, couteau à la main. J'entends une nouvelle voix hurler de douleur et je comprends que j'ai touché ma cible. Je me félicite intérieurement en m'éloignant des nouvelles personnes. Je m'arrête net en remarquant que je suis dans une maison. Plus précisément la maison de mes cousins. Je me redresse, baisse mon arme pleine de sang, et regarde, les yeux ronds, ma sœur près de la porte fermée, et mon cousin de onze ans, Sacha qui se tient le bras en grimaçant. Je cligne des yeux plusieurs fois.

- Sacha ?

- Ouais,
dit-il.

- Tu m'expliques ?

- J'ai un peu mal au bras là...


Je secoue ma tête et me précipite vers lui. Mais quelle conne je viens de faire mal à mon cousin et tout ce qui m'intéresse c'est qu'on me parle. J'enlève sa main de son bras et ne vois qu'un égratignure peu profonde. Finalement, je n'ai pas visé si bien que ça

- Ça va aller Sacha, ce n'est pas trop grave. Mélo, tu peux aller chercher un torchon mouillé s'il te plaît ?


Elle part en vitesse dans la cuisine, et je vais m'asseoir sur le canapé en l'attendant.

- Vient t'assoir Sacha.

Il s'assied à côté de moi, au moment où Mélodie revient avec un torchon trempé. Je le prends en la remerciant et elle va s'asseoir en face de nous sur un fauteuil. Je tamponne la blessure de Sacha doucement pour ne pas lui faire mal.

- Dit moi Sacha... Elle est où Lola ?
Demandé-je, tout bas.

J'ai peur de la réponse.

- Elle est... Enfin ils l'ont...


J'hoche la tête et le regarde avec attention.

- Quand ?

- Hier matin.

- Et tes parents ?

- Le deuxième jour de l'épidémie.

Je regarde ma sœur qui ne parle pas, et je suis surprise de ne pas la voir en larme. Bien-sûre, ils sont remplis de tristesse. Mais pas de larmes. Elle a surement assez pleurer pour un an en même temps.

- Je suis désolée. Sincèrement.

Il baisse la tête, et je me demande comment il a fait pour survire sans personne. Rien qu'une journée. Ça a du être horrible.

- On va attrendre là un petit bout de temps d'accord ? On improvisera après. Sacha, va juste faire un sac, comme Mélo et moi d'accord ?

Je les regarde tour à tour hocher vivement la tête. Je passe mes mains sur mon visage, m'enfonce dans le canapé, et sors mon téléphone. Six heure du matin. Nous n'avons plus qu'à attendre un miracle.
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